Tsuha chanson
écrite par la grande Malika Domrane
(1979)
Tsuha est une merveille de texte aux
multiples sens.
Cette chanson
peut être comprise comme une simple
sauteuse,
une comptine
pour enfants entraînante et gaie, comme
en
chantent
toutes les mamans à leurs bébés en
Kabylie.
Mais en
réalité elle recèle bien des sens
cachés.
Ainsi dans la
chanson il cite « Bubret »,
prononciation
kabylisée du
colonel
Beauprêtre qui a saccagé la
Kabylie
lors de la
colonisation
des
années 1850-60.
Au-delà du personnage historique, Bubret
est devenu en
Kabylie une
sorte d’équivalent du Père Fouettard,
utilisé pour
faire
peur aux enfants qui ne sont pas
sages.
Cette autre
lecture fait donc apparaitre cette chanson
comme
un hymne
à la lutte contre la
colonisation.
Mais il
existe encore un troisième sens caché dans cette
chanson.
Dans le
contexte de l’époque, quand il
chante:
« Mugragh Bubrit -j’ai croisé
Boubrit / anda tudid a Bubret ?
- »
c’est évidemment du Colonel Boumediene
qu’il parle.
Et elle
ajoute« Hader atu
Tirrugza ».
« Tirrugza »
c’est la valeur masculine par
excellence,
une sorte de
courage viril.
Avec cette
troisième lecture, ce que l’on découvre
c’est une critique de l’accueil qui a
été fait à Boumediene par
certains Kabyles, sans Nif (dignité) et sans Tirrugza
(virilité).
Azzedine Ait
Khelifa
Un article kabylie
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